• les prémices du vignoble
  • Des Lafaurie de Monbadon à Alcide Bellot des Minières
  • Daniel & Jean Sanders, Château Haut-Bailly

Des Goyanèche à Firmin Le Bailly : les prémices du vignoble

Des recherches approfondies sur l’histoire du Château Haut-Bailly ont démontré l’ancienneté de son vignoble.
Dès 1461, une source manuscrite fait état de la présence de vignes au lieu-dit du Pujau, situé sur la croupe de ce terroir exceptionnel et correspondant à l’emplacement actuel du Château Haut-Bailly. Les bases du vignoble moderne ont cependant été posées à partir des années 1530, sous l’impulsion des familles Goyanèche puis Daitze. Ces riches marchands basques ont en effet mené pendant plusieurs décennies une politique méthodique d’achats fonciers pour aboutir, à la fin du XVIème siècle, à la naissance d’un véritable bourdieu, ancêtre des châteaux viticoles du bordelais.
En 1630, à la mort de Gaillard Daitze, ses héritiers cèdent le bien du Pujau à leurs créanciers Firmin Le Bailly & Nicolas de Leuvarde, banquiers à Paris. Conscients du potentiel de ce terroir, dont ils avaient pu apprécier l’excellence des vins, ils y investissent alors d’importants capitaux permettant à ce vignoble de prendre une réelle dimension commerciale. Ils le dotent d’une maison de maître digne de son rang, d’une renommée internationale, et Firmin lui laisse même son nom.
Après la mort de ce dernier en 1655, le domaine passe de mains en mains pendant près d’un siècle parmi ses héritiers plus ou moins lointains. C’est à cette époque, en 1736, que la régie et l’exploitation du domaine sont confiées à Thomas Barton, d’origine irlandaise, à la tête d’une importante maison de négoce spécialisée dans le commerce de grands vins. Bénéficiant de nombreuses relations commerciales en Angleterre et en Irlande, les vins du château Haut-Bailly y sont alors grandement appréciés des amateurs de « new french clarets ».

Des Lafaurie de Monbadon à Alcide Bellot des Minières, « Roi des Vignerons » : Haut-Bailly devient l’égal des Premiers

Au 18ème siècle, deux éminents élus locaux vont se succéder à Haut-Bailly : Christophe de Lafaurie, baron de Monbadon, conseiller au Parlement de Bordeaux, puis son fils, Laurent, qui est élu maire de Bordeaux en 1805. Sa gestion généreuse marquera d’ailleurs longtemps les mémoires bordelaises. Devenu sénateur, ses responsabilités l’éloignent de Bordeaux, si bien qu’en 1813 les héritiers se résolvent à vendre. S’ensuit jusqu’en 1872 une période de relatif flottement.
En 1872, Alcide Bellot des Minières, suivant le conseil de l’archevêque de Bordeaux, rachète la propriété et y fait bâtir le château actuel. Après avoir fait fortune de son talent d’ingénieur aux États-Unis, Alcide, entrepreneur exceptionnel, se lance alors corps et âme dans l’aventure viticole. Son énergie et son enthousiasme, alliés à une précision rigoureuse du détail scientifique lui permettent de porter en quelques années les prix des vins de Haut-Bailly au niveau de ceux des Premiers Crus Classés : Lafite, Latour, Margaux ou Haut-Brion, ce qui perdurera jusqu’en 1940… Ses nombreux apports scientifiques en font un personnage de légende et lui valent le surnom de «Roi des Vignerons».

Famille Sanders : un nouveau souffle pour Haut-Bailly au sortir de la guerre

Après le décès d’Alcide Bellot des Minières, Haut-Bailly traverse une période d’instabilité, changeant régulièrement de propriétaires : Frantz Malvezin, géographe et oenotechnicien en 1918, le Comte de Lahens et Paul Beaumartin en 1923, Georges Boutemy, industriel du textile originaire du Nord de la France en 1940. La renommée de ses vins n’étant plus à faire, Haut-Bailly est naturellement inscrit en 1953 au rang des Crus Classés de Graves.
L’année 1955 constitue un nouveau point de départ pour le Château Haut-Bailly avec l’acquisition de la propriété par Daniel Sanders, négociant en vins d’origine belge installé à Barsac (Gironde). Son arrivée marque la renaissance de la propriété. D’importants travaux de modernisation sont entrepris : le vignoble est recomposé, les chais et la maison sont rénovés. Prenant sa suite en 1979, son fils Jean s’attache à son tour, en privilégiant la sélection, à rendre aux vins de Haut-Bailly la qualité et l’image qu’ils avaient au début du 20ème siècle. Il marque de son empreinte le style et la réputation de la propriété.