Château Haut-Bailly
2010Coup double...

Succéder à 2009 relevait du défi ! La qualité est le mot d’ordre de ce millésime 2010 qui est le fruit de conditions climatiques favorables tout au long du cycle végétatif et d’une culture associée à une vinification raisonnées. Le millésime s’annonce puissant et de longue garde avec une structure dense soutenue par une éclatante fraîcheur, une concentration optimale liée à une superbe maturité. 2010 s’inscrit ainsi dans le palmarès des très grandes années du Bordelais.

Un hiver froid s’est installé durablement : à deux reprises, la neige a paralysé la France ; le 29 février, la tempête Xynthia a balayé le Sud-Ouest et causé de nombreux dégâts. Ce temps froid, mais sec a favorisé les travaux de taille, de tombée des bois... Il a engendré un débourrement tardif autour du 5 avril pour les premiers merlots et mi-avril pour les cabernets. La floraison initiée fin mai par une semaine de forte chaleur fut interrompue par un temps frais et humide début juin qui a perturbé la qualité de la fécondation (coulure et millerandage), particulièrement sur les vieux merlots. Juillet a été marqué par un ensoleillement et des températures généreuses qui ont provoqué un stress hydrique précoce, favorable à un arrêt de croissance de la vigne et à la production de raisins à petits grains, gage de qualité et de concentration. Un été chaud suivi d’une arrière-saison clémente a été propice à la maturation. L’alternance avec des nuits fraîches fut bénéfique à la protection du fruit et à la synthèse des anthocyanes et des arômes. Le temps sec a maintenu un stress hydrique constant mais modéré, idéal pour la production de polyphénols. La dizaine de millimètres de pluie tombée comme une bénédiction le 9 septembre a relancé le processus physiologique et permis d’atteindre une synchronisation des maturités technologique, phénolique et aromatique. Un temps superbe s’est prolongé jusqu’à la fin des vendanges avec toujours une alternance de belles journées chaudes (de 28° à 32°C) et de nuits fraîches. Le déficit hydrique est à l’origine d’une taille de baies remarquablement petite qui a généré une concentration phénolique plus importante qu’en 2009. L’équilibre a pu être préservé grâce à une vinification précise et une température maîtrisée.

Robert Parker, November 2014

The 2009 hit the magical three-digit score, so to speak, and the 2010 seems to want to get there very quickly. (…) The tannins are well-integrated and the wine constructed in a velvety, seamless (haute couture) way by Véronique Sanders. The wine coats the palate in a viscosity and richness, but there's a freshness and precision that is further indication of just how profound this wine will turn out. The wine needs another 5 to10 years and is not as "open for business" as the 2009 will probably always be, but wow, what a spectacular wine! I suspect these are the two greatest back-to-back Haut-Baillys ever made in the long, celebrated history of this estate.” 97+

QUARIN.COM, Jean-Marc Quarin, avril 2011

C'est une des plus belles émotions de cette campagne primeurs et le meilleur Haut Bailly que je goûte depuis 1964. C'est en bouche que tout se passe ! Magnifique entrée pulpeuse, de suite subtilement tramée et éclatante de fruits. Le vin se développe extrêmement aromatique, ample en milieu, avec du gras et un velouté sans pareil. Le mélange entre la pulpe et la fraîcheur du fruit évoque les plus grands terroirs de Bordeaux et le meilleur de son style. Un vin formidable, sans flatterie, mais avec beaucoup de charme et de profondeur. Bravo ! Sera-t-il élevé en 100 % fût neuf ? 17,75-18

TAST, BETTANE ET DESSEAUVE, avril 2011

Boisé vanillé flatteur, grande ampleur de corps et de texture, alcool généreux, mûr, tannin ferme, de la matière et du style, et d’immenses promesses pour le long vieillissement. 18-19